Le fait de reconnaître à la personne discriminée un statut est très important.
Symboliquement d’abord, cette reconnaissance permet au discriminé de ne pas se sentir dégradé mais bien lésé dans ses droits. En effet, les personnes discriminées, parce qu’elles intériorisent souvent le traitement qui leur ai fait, parce qu’elles prennent toujours une part de leur sort à leur compte sont fragilisées face à des pratiques discriminatoires. Les reconnaître en tant que personnes subissant une discrimination, c’est effacer une partie des torts qui leur étaient implicitement attribués ou qu’elles s’attribuaient, pour les caractériser comme préjudices. Dès lors, l’idée de recouvrement des droits peut faire son chemin.
Cette reconnaissance est aussi un message fort envoyé à l’employeur puisqu’elle indique que la situation rencontrée par le salarié à été considérée comme relevant d’une discrimination. Reconnaître qu’une personne fait l’objet d’une discrimination, c’est révéler l’existence d’un discriminateur, qu’il s’agisse d’une personne identifiée (dirigeant, collaborateur) ou d’un « système » complexe.
Ensuite, le soutien aux personnes objet de discrimination est double.
C’est d’abord un soutien psychologique et quotidien qui est nécessaire. Les personnes doivent pouvoir être épaulées afin de pouvoir réagir dans les meilleures conditions possibles aux différentes épreuves qu’elles devront affronter. Il apparaît à ce titre important d’apporter un appui tout au long des démarches parfois longues qui seront entamées.
Le soutien des personnes passe également par un appui juridique. Les organisations syndicales disposent de ressources leur permettant d’informer et de soutenir les salariés confrontés à des problèmes de discrimination. Dès 1981-83, les syndicats ont été reconnus comme légitimes à saisir les tribunaux lorsqu’ils sont informés de faits discriminatoires, sous réserve d’informer la personne de leur démarche et d’obtenir son accord au moins implicite. Cette compétence a été réaffirmée par la loi de novembre 2001.