Une analyse particulièrement poussée des inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes est possible aujourd’hui du fait de la richesse des données disponibles, aussi bien en matière de formation, d’emploi que de (non) progression de carrière.
Longtemps tenues à l’écart des grandes écoles et de l’éducation, les femmes sont aujourd’hui plus fortement présentes dans les formations supérieures que les hommes. Le manque de qualification ne peut donc servir à expliquer les inégalités de traitement dont elles font l’objet.
Le tableau ci-dessous permet de comparer le niveau de formation des femmes et des hommes sortis du système éducatif en 1992 et 2001. A la première date, seulement 16+28 = 44 % des hommes ont un niveau supérieur ou égal au bac, contre 22+31 = 53 % des femmes. Le niveau d'étude des jeunes ayant achevé leurs études 9 ans plus tard s'est nettement amélioré pour les deux sexes, mais l'écart persiste et s’accentue en faveur des femmes, avec notamment une forte progression des "Bac+2", qui représentent 45 % des effectifs féminins.
| Niveau de formation | Génération 1992 | Génération 2001 | ||
|---|---|---|---|---|
| hommes | femmes | hommes | femmes | |
| Brevets et sans diplôme | 27 | 22 | 21 | 13 |
| CAP-BEP diplômé | 29 | 25 | 25 | 19 |
| Bac diplômé | 16 | 22 | 23 | 23 |
| Bac +2 ou plus | 28 | 31 | 31 | 45 |
| Ensemble | 100 | 100 | 100 | 100 |
Source : CEREQ, Enquêtes Génération 92 et Génération 2001
Les résultats du tableau ci-dessous permettent de comparer à différentes dates et pour un même niveau de formation les taux de chômage des hommes et des femmes ayant fini leurs études depuis une à quatre années.
A chacune des trois dates d'observation et pour les deux sexes, il apparaît que le taux de chômage est d'autant moins fort que le niveau de formation est élevé.
| Niveau de formation | 1995 | 2000 | 2005 | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| hommes | femmes | hommes | femmes | hommes | femmes | |
| Brevets et sans diplôme | 42.7 | 59.4 | 46.9 | 54.7 | 44.4 | 49.2 |
| CAP/BEP et équivalent | 23.9 | 35.4 | 21.6 | 32.9 | 23.7 | 33.7 |
| Bac et équivalent | 14.9 | 27.1 | 12.1 | 20.4 | 15.1 | 19.5 |
| Supérieur au bac | 15.2 | 15.4 | 8.9 | 11.6 | 11.5 | 10.3 |
(1) au sens du Bureau International du Travail
(2) actifs ayant fini leurs études depuis un à quatre ans
Sources : INSEE, Enquêtes Emploi
Il ressort aussi de ce tableau que les femmes sont beaucoup plus souvent au chômage que les hommes de même niveau de formation. L’écart ne disparaît qu’entre les femmes et les hommes titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur.
Les femmes sont bien plus fréquemment employées à temps partiel que les hommes, comme salariées ou non-salariées.
| Hommes | Femmes | Ensemble | |
|---|---|---|---|
| Salariés Temps complet | 79 % | 62 % | 72 % |
| Non Salariés Temps complet | 15 % | 7 % | 11 % |
| 94 % | 69 % | 83 % | |
| Salariés Temps partiel | 5 % | 29 % | 16 % |
| Non salariés temps partiel | 1 % | 2 % | 1 % |
| 6 % | 31 % | 17 % | |
| 100 % | 100 % | 100 % |
Le tableau suivant permet en outre de préciser que 26% des femmes à temps partiel et 30% des hommes, soit 878.000 femmes contre 224.000 hommes, sont en temps partiel subi.
| Catégorie socioprofessionnelle | Taux de sous emploi parmi les emplois à temps partiel* en (%) | Effectif total (en milliers) |
||
|---|---|---|---|---|
| Femmes | Hommes | Femmes | Hommes | |
| Agriculteur | 3 % | 6 % | 2 | 2 |
| Artisan, commerçant et chef d’entreprise | 13 % | 20 % | 11 | 7 |
| Cadre et profession intellectuelle supérieure | 15 % | 12 % | 36 | 15 |
| Profession intermédiaire | 16 % | 29 % | 94 | 45 |
| Employé | 31 % | 37 % | 635 | 55 |
| Ouvrier | 35 % | 44 % | 100 | 100 |
| Ensemble | 26 % | 30 % | 878 | 224 |
* Proportion d’actifs occupés à temps partiel cherchant à travailler davantage (dans le même ou dans un autre emploi)
Sources : INSEE, enquête emploi, 1er trimestre 2003.
« A travail égal, salaire égal ». Et pourtant, les salaires entre les femmes et les hommes présentent des différentiels importants.
| 2003 | Rémunération mensuelle en 2003 (en euros) pour des salariés en temps complet dans une entreprise de 10 salariés ou plus | Ecarts entre hommes et femmes en % | |
|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | ||
| Ouvriers | 1830 | 1480 | 23,6 |
| Employés | 1760 | 1680 | 4,8 |
| Professions intermédiaires | 2590 | 2280 | 13,6 |
| Cadres | 5140 | 3990 | 28,8 |
| Ensemble | 2670 | 2140 | 24,8 |
Source : INSEE, exploitation semi définitive au 1/12ème des DADS, cité sur le site du sénat.
Quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, on constate des écarts de rémunération au détriment des femmes, et ceci dans la fonction publique comme dans le secteur privé et semi-public.
Majoritaires sur le marché de l’emploi, les femmes sont largement minoritaires aux postes de direction. De plus, lorsqu’elles sont en situation de gérance, c’est généralement dans de plus petites entreprises et pour une rémunération qui reste inférieure à celle des hommes dans la même situation.
Selon l’enquête Emploi 2003 réalisée par l’Insee au niveau national, près de la moitié des femmes actives ont un statut d’employée, contre seulement 12% des hommes. « Bien qu’ils exercent des métiers différents, les femmes et hommes occupent dans les mêmes proportions des postes de qualification intermédiaire : ils sont près d’un quart dans cette situation. Les femmes sont plutôt infirmières, institutrices ou cadres B de l’administration tandis qu’à ce même niveau de hiérarchie, les hommes sont plutôt contremaîtres, agents de maîtrise ou techniciens. La proportion de cadres est plus élevée chez les hommes : 17% d’entre eux sont cadres, contre 11% des femmes. »
« Les inégalités entre les femmes et les hommes sont flagrantes, si flagrantes que leur énonciation résonne parfois comme un air trop connu qu’on préfère ne pas entendre, ou mettre tout bonnement sur le compte de la fatalité, alors que ces inégalités sont simplement inacceptables : 25% d’écart de rémunération en moyenne, 5 points d’écart dans le chômage des moins de 25 ans, 80% de femmes parmi les trois millions deux cent mille personnes qui, en France, gagnent moins que le SMIC. »
Brigitte Grésy, Chef du service des droits des femmes et de l’égalité, dans « Les entreprises partenaires de l’égalité professionnelle », Agir ensemble pour l’égalité professionnelle, CSEP, Liaisons sociales.
D'après une enquête de l'Insee parue en 2004 dans Insee Première (n°951), parmi les 300.000 dirigeants d’entreprise en France seulement 17 % sont aujourd'hui des femmes, alors que ces dernières représentent 45 % de la population active. Les femmes sont plus représentées chez les cadres que chez les dirigeants mais restent minoritaires. Elles ne constituent que 27% des cadres. Fin 2003, les femmes représentaient 58% des emplois des trois fonctions publiques, mais seulement 12,1% des 7757 emplois supérieurs.
En quelle année la loi réformant les régimes matrimoniaux et le code civil a autorisé les femmes à exercer une profession sans l'autorisation de leur mari ?
1946
1965
1972
En quelle année la loi réformant les régimes matrimoniaux et le code civil a autorisé les femmes à exercer une profession sans l'autorisation de leur mari ?
1946
1965
1972
Les jeunes femmes actives ayant un CAP ou un BEP courent … fois plus le risque d’être au chômage que leurs équivalents masculins.
1,1
1,29
1,42
Les jeunes femmes actives ayant un CAP ou un BEP courent … fois plus le risque d’être au chômage que leurs équivalents masculins.
1,1
1,29
1,42
Le salaire moyen des hommes salariés en temps complet dans une entreprise de 10 salariés ou plus était de 2670 € en 2003. Celui des femmes était de :
2140 €
2370 €
2560 €
Le salaire moyen des hommes salariés en temps complet dans une entreprise de 10 salariés ou plus était de 2670 € en 2003. Celui des femmes était de :
2140 €
2370 €
2560 €