Le détail des procédures de saisine

La saisine d’une juridiction déclenche l’action en justice.

Civil

Pour saisir le tribunal ou le conseil :

On commence une action civile par différents moyens. Il est possible de saisir le tribunal ou le conseil par une assignation citant la partie adverse à comparaître (avec une aide juridique), ou par requête (lettre recommandée au greffe du tribunal ou du conseil des prud’hommes), ou par déclaration au secrétariat du conseil des prud’hommes.

Il faut saisir le tribunal du lieu de l’implantation de l’entreprise concernée, en principe dans les 30 ans suivant la discrimination (pour la demande de réparation du préjudice subi).

Qui peut agir ?

Déroulement de la procédure devant le conseil des prud’hommes :

La demande doit être formulée par lettre recommandée ou déposée au secrétariat-greffe du conseil dans les délais de prescription applicables.

Cette lettre doit indiquer :

Une tentative de conciliation est organisée entre l'employeur et le salarié pour trouver un accord satisfaisant entre eux. Cette étape est obligatoire. En cas d'échec, la procédure se poursuit devant le bureau de jugement.

En principe, employeur et salarié sont tenus de comparaître en personne.

En cas de trouble manifestement illicite : Procédure de référé

Le référé est une procédure particulière qui peut être utilisée lorsqu'il s'agit de faire cesser un trouble manifestement illicite. Cette procédure vise à accélérer la marche du procès, pouvant ainsi faire l'objet d'une décision en quelques jours. Les décisions rendues par le référé prud'homal sont, par nature, provisoires et ne dispensent pas de soumettre le fond du litige à la procédure « classique ».

Exemple : décision de réintégration en référé - Le licenciement reposant sur un motif discriminatoire est nul de plein droit, le salarié concerné a donc le droit d'être réintégré dans l'entreprise en retrouvant son emploi. Le juge des référés doit ordonner une telle réintégration.

La procédure est également possible devant le tribunal de grande instance.

Pénal

Saisine du tribunal correctionnel

Il faut, dans les 3 ans suivants les faits sous peine d’être forclos (sous le coup d’une prescription) :

Constitution de partie civile au pénal : action civile au pénal

Il est possible de s’adresser à la juridiction pénale saisie pour le délit de discrimination, aux fins par exemple de demander l’octroi de dommages et intérêt correspondant au préjudice causé. Il faut alors se constituer partie civile.

Constitution de partie civile : la déclaration de partie civile répond à des conditions procédurales. Il faut en faire la demande :

Le désistement de la partie civile (c’est à dire l’abandon de l’action civile devant le TC), ne fait pas obstacle à l’action civile devant la juridiction compétente (Prud’hommes/TGI) par la suite. Mais si un procès pénal a déjà eu lieu pour une affaire, le juge civil est tenu par la décision rendue au pénal.

Exemple : cass.soc, 3 novembre 2005. Une salariée s’est vue refuser des dommages et intérêts indemnisant un harcèlement sexuel dont elle affirmait avoir été victime, car le juge pénal avait déjà rendu une décision sur cette affaire, innocentant l’accusé.