Une grande partie des femmes se retrouvent peu à peu paralysées dans leur carrière, coincées par un "plafond de verre" – terme consacré depuis 1986, suite à un article du Wall Street Journal du 24 mars, pour qualifier le phénomène qui entrave la carrière des femmes et engendre leur raréfaction au sommet organisationnel des entreprises et à certains niveaux de responsabilité dans toutes les professions.

Jacqueline Laufer (« Le plafond de verre », CD-rom Agir pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, CESP, Liaisons sociales) apporte plusieurs explications à cette inégalité d’accès aux postes de décision :
Le retard historique lié à l’ouverture tardive des grandes écoles aux femmes.
Les processus de carrière des femmes cadres : celles-ci ont été assignées et ont préféré des postes d’assistance et d’expertise souvent périphériques aux postes opérationnels impliquant pouvoir et décision. Dans ce contexte, quand il s’agissait de nommer tel ou tel responsable, on ne pouvait que constater qu’une majorité de femmes ne se trouvaient pas dotées de l’expérience nécessaire pour accéder au poste en question. Désormais, les jeunes diplômées abordent leur carrière avec une attitude plus stratégique et proactive. Elles désirent alterner postes fonctionnels et opérationnels, découvrir les fonctions d’encadrement. Cette évolution des attitudes des femmes ne fait pas pour autant disparaître les obstacles qu’elles rencontrent dans leur accès aux postes de pouvoir et de responsabilité.
Le poids des stéréotypes et des représentations culturelles quand il s’agit des femmes et du pouvoir. Dire d’une femme "c’est une femme de pouvoir", est rarement un compliment. Traditionnellement, les organisations ont encouragé les femmes à être compétentes, bien sûr, mais aussi, discrètes, féminines, subordonnées. (…) Là où les hommes bénéficient d’un capital de confiance, les femmes doivent prouver qu’elles méritent la confiance, c’est vrai des supérieurs mais aussi des subordonnés.
La tension entre la recherche d’un équilibre vie privée-vie professionnelle, l’implication intense que nécessite l’exercice du pouvoir de direction, la question de la mobilité internationale particulièrement difficile à gérer pour les couples à double carrière et enfin la complexité des processus de cooptation qui déterminent l’accès à ces sphères, constituent autant d’obstacles à franchir par les femmes qui veulent accéder au groupe des dirigeants. Les sphères dirigeantes des entreprises continuent d’être des "clubs masculins". Compte tenu de la position minoritaire des femmes à ces niveaux, elles sont rarement en situation de mobiliser des réseaux et des soutiens aussi nombreux que ceux dont peuvent bénéficier leurs collègues masculins.